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Histoires de vie

Le handicap revêt différentes formes. Il peut être permanent ou temporaire, présent depuis la naissance, consécutif à un accident ou lié à une maladie, physique, sensoriel ou mental. Chacun d’entre nous peut y être confronté au cours de sa vie, pour lui-même ou l’un de ses proches.

Découvrez des histoires de vie représentatives de situations qui peuvent être prises en charge par la MDPH. Dans chacun de ces cas, un soutien financier, matériel ou humain est possible.

Thomas, jeune bachelier

 

Thomas vient d’avoir 18 ans et il est trop content. En juin dernier, il a décroché son bac. « Pourtant, c’était pas gagné ! », affirme-t-il en rigolant. Le jeune homme est en effet dyslexique, ce qui a compliqué son parcours scolaire. Sa dyslexie, sévère, a été reconnue comme handicap par la MDPH. Grâce à cela, Thomas a bénéficié d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS). Au collège, puis au lycée, il a pu obtenir les aménagements nécessaires à la poursuite de ses études dans de bonnes conditions : l’autorisation de travailler avec un ordinateur en classe, la simplification de certains exercices par les professeurs, la non prise en compte des fautes de français et d’orthographe dans les notes, un temps supplémentaire pour les contrôles… Et surtout, il a eu droit à des aménagements pour ses examens (brevet des collèges et baccalauréat), notamment le « tiers-temps » supplémentaire. « Sans ça, j’aurais peut-être pas réussi », avoue Thomas. Du coup, il a décidé de poursuivre ses études et prépare désormais un BTS.

Sophie, maman d’Isia

Sophie est la mère d’une petite fille de 10 ans atteinte de trisomie 21. « L’annonce du diagnostic a été un choc pour nous », raconte-t-elle. « Mais après avoir mûrement réfléchi, nous avons décidé d’accueillir ce bébé. Ce n’est pas facile tous les jours, mais nous ne regrettons rien. Isia est une enfant heureuse de vivre, très affectueuse, qui nous apporte beaucoup de bonheur. » Bien sûr, le handicap d’Isia a été évalué et reconnu par la MDPH. Ses parents perçoivent l’Allocation d’éducation enfant handicapé (AEEH). La petite fille est allée à l’école maternelle, accompagnée d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Par la suite, son retard étant trop important pour lui permettre de poursuivre une scolarité normale, elle a été orientée vers un Institut Médico Educatif (IME), où elle s’épanouit visiblement. « Elle progresse à son rythme, explique Sophie. Mais l’établissement est assez loin de chez nous, et je souhaitais recommencer à travailler après avoir arrêté quelques années pour m’occuper d’elle. Impossible alors d’envisager de l’accompagner tous les matins et de venir la chercher tous les soirs. » La MDPH a mis en place un système de transport pour qu’Isia puisse aller à l’IME et rentrer chez elle tous les soirs.

Jean-Claude, commercial et malade chronique

A 54 ans, Jean-Claude a toujours travaillé et parcourt chaque année des milliers de kilomètres en voiture pour son métier de commercial. Pourtant, il est atteint de polyarthrite rhumatoïde. C’est une maladie chronique qui détruit petit à petit les articulations. Chez Jean-Claude, la maladie s’est déclarée lorsqu’il était adolescent. « A l’époque, les traitements qui, aujourd’hui, peuvent empêcher la maladie de progresser n’existaient pas », déplore-t-il. Jean-Claude a perdu une partie de sa mobilité au fur et à mesure de l’avancée de la maladie et de la destruction de ses articulations (mains, pieds, genoux, hanche). Il a subi de nombreuses opérations et porte plusieurs prothèses. Mais Jean-Claude possède une énergie hors du commun et n’a jamais capitulé devant la maladie. « Pas question que la polyarthrite m’empêche de mener ma vie comme je l’entends ! », s’exclame-t-il. Il y a quelques années, le handicap induit par sa maladie ne lui permettait plus de conduire une voiture « normale ». La MDPH a participé financièrement à l’aménagement de son véhicule, pour qu’il soit adapté à son handicap et que Jean-Claude puisse continuer à travailler.

Samia, 23 ans, enfin indépendante

Samia trépignait d’impatience à l’idée d’avoir son propre appartement et ça y est, le grand jour est presque arrivé. Le mois prochain, elle quitte ses parents pour emménager avec Pierre, son amoureux. Samia a un handicap mental léger, avec un quotient intellectuel (QI) de 70. Elle est venue au monde après un accouchement très difficile, qui a provoqué des lésions cérébrales chez le nouveau-né. Dans son enfance, ses parents ont tout fait pour qu’elle mène une vie la plus normale possible. Elle a suivi une scolarité adaptée à sa déficience intellectuelle, dans des classes ou des établissements spécialisés. A sa demande et à celle de ses parents, la MDPH l’a aidée dans son orientation professionnelle. La jeune femme travaille désormais dans un établissement protégé, un ESAT. C’est là qu’elle a rencontré Pierre. Les parents de Pierre et de Samia étaient un peu réticents à l’idée que le jeune couple s’installe ensemble ; ils avaient surtout peur qu’ils n’arrivent pas à se débrouiller seuls. Finalement, une solution a été trouvée grâce à l’accompagnement de la MDPH. Pierre et Samia vont bientôt aménager dans un logement situé tout près du domicile des parents de Samia, qui pourront donc venir très souvent, tout en respectant l’intimité des jeunes gens.

Alessandro, 25 ans, reprend goût à la vie

Alessandro a dû revoir toutes ses priorités après un terrible accident de moto qui l’a laissé paraplégique. Dur pour un jeune homme de 25 ans. « On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Avant, quand je croisais une personne en fauteuil roulant, je la calculais pas. J’aurais jamais imaginé me retrouver un jour à sa place. »

Avant cet accident, Alessandro prenait la vie avec légèreté. Avec son CAP de maçon, il n’avait pas eu de problème pour trouver du travail dans le bâtiment. « Je bossais depuis l’âge de 18 ans pour le même patron et j’en avais un peu marre. J’ai eu une promesse d’embauche dans une autre boîte, avec un meilleur salaire. J’ai décidé de quitter mon boulot en attendant ce nouvel emploi et de profiter de mes économies pour me balader à moto pendant l’été. » C’est au cours de ses vacances, entre deux contrats, qu’Alessandro a eu son accident.

Au cours de sa longue période d’hospitalisation et de rééducation, le jeune homme a eu besoin d’un soutien psychologique pour faire le deuil de sa vie d’avant. Désormais, il parvient à se projeter dans le futur. « Je suis vivant, dit-il. J’aurais pu y rester. »

Aujourd’hui, Alessandro veut retrouver son indépendance et son autonomie financière, revivre seul dans son appartement et réfléchir à son avenir professionnel, car il ne peut évidemment plus exercer son métier de maçon.

Son dossier a été traité par la MDPH. Il va percevoir l’AAH. « Moins de 800 € par mois », précise le jeune homme, qui soupire : « Je trouve que c’est vraiment pas suffisant pour vivre ». « Mais c’est déjà ça », ajoute-t-il. Il bénéficie aussi d’une prestation de compensation du handicap (PCH) pour l’aménagement de son logement. Enfin, la MDPH l’accompagne dans sa demande de reconversion : il va pouvoir suivre une formation dans un centre de réadaptation professionnelle (CRP). Pour l’instant, Alessandro ne sait pas encore vers quel métier se diriger. Mais il a, à nouveau, des envies et des rêves, comme tous les jeunes de son âge.

Isabelle, bientôt 40 ans, veut rester une femme active

A cause d’une maladie évolutive, Isabelle a perdu progressivement la vue. A 37 ans, elle vit avec son compagnon mais souhaite conserver son indépendance, à la fois dans son quotidien et sur le plan matériel. « Ce n’est pas parce que je ne vois plus que je dois dépendre de mon conjoint ! Je le vivrais comme une injustice supplémentaire. » Même si Isabelle souffre désormais d’un handicap, elle veut rester une femme active, ancrée dans la société et tournée vers le monde extérieur. Elle s’est donc adressée à la MDPH avec une double demande : bénéficier d’une formation pour apprendre à mieux vivre avec son handicap visuel et pouvoir être plus autonome dans les gestes de la vie courante ; et être accompagnée dans une reconversion professionnelle pour pouvoir retrouver un emploi.

Sur les conseils de la MDPH, elle a demandé la reconnaissance de travailleur handicapé, ce qui pourra l’aider pour sa réinsertion professionnelle. Après étude de son dossier, la CDAPH l’a également dirigée vers un centre de réadaptation professionnelle spécialisé pour personnes déficientes visuelles, qui l’accompagne dans l’élaboration de son projet professionnel et pourra lui proposer une formation si elle le souhaite.

En parallèle, Isabelle a été orientée vers un centre spécialisé pour lui permettre une éducation à l'autonomie et à la réadaptation sociale, sur information de son médecin traitant et dans le cadre de soins.

Enfin, la jeune femme bénéficie de la prestation de compensation du handicap (PCH) : elle reçoit un forfait cécité d’un peu plus de 600 euros mensuels.

Isabelle sait qu’elle va devoir se battre pour se refaire une place dans le monde du travail et que ce ne sera pas facile, mais elle se sent aujourd’hui un peu mieux armée.